

L'origine de tout
La personne la plus importante de ma vie, une des meilleures - au niveau moral, culturel, humain, d'intelligence et sensibilité - que j'ai connu dans ma vie. J'ai eu de la chance qu'il a été mon père. Il sera toujours (dans) mon âme.
Ma mère, ma sœur
: deux personnes généreuses , deux femmes spéciales
qui m'ont donné la poussée à faire, à connaître, à expérimenter et que j'aime énormément. Mes piliers, mes encores. mon sourire.

Valentina Mariani
Formatrice
"Ce qui est créé par l'esprit est plus vivant que la matière"
Charles Baudelaire
Je suis née à Avellino, une petite ville a 50 kilomètres de Naples. J'ai étudié philosophie, coopération internationale et langues étrangères. Mes parents étaient deux professeurs, de matières humanistes : mon père de Philosophie, ma mère d'Italien. Donc j'appris à aimer les lettres et respiré - en autonomie - la culture dès que j'étais un enfant. Ou, peut-être, il s'agit simplement de ADN..! J'ai appris à lire à cinq ans. J'ai toujours été irrésistiblement attirée par les journaux que lisait mon père. Peut-être que pour savoir ce qu'il faisait, j'ai essayé de le faire aussi.
Ma relation avec l'écriture commence probablement par mon grand amour de fille... Je remercie mes parents pour l'amour envers les livres et la connaissance et, surtout, pour la liberté qu'ils m'ont transmise, liberté qui est le patrimoine le plus important qu'une personne puisse avoir et donner et qui contient le vrai respect de soi et des autres.
Dès que j'ai commencé, je n'ai plus cessé, ni de lire, ni d'écrire. J'ai toujours été curieuse de toutes sortes de connaissances. J'ai toujours préféré les matières humanistes, un peu par « génétique », un peu parce que mes maîtres - des figures formatrices de référence - sont des personnes qui enseignaient ces matières.
J'ai donc suivi mes passions en m'inscrivant au lycée linguistique, en apprenant l'anglais, le français et l'allemand ; à l'université, j'ai étudié les Sciences Politiques à l'Université Orientale de Naples, forge de savoirs internationaux. Naples a été la capitale bourbonienne du Royaume des deux Siciles, c'est-à-dire de tout le sud et une partie de l'Italie centrale (donc de la moitié du pays) jusqu'à l'unification de 1861.
Depuis l'âge de 14 ans, je me suis consacrée aussi à la politique. Je me souviens qu'une semaine s'était écoulée depuis la chute du mur de Berlin et que j'avais demandé à mon père de m'emmener au siège de la FIGC (Fédération des Jeunes Communistes Italiens). Depuis lors, mon militantisme politique a commencé. La dissolution, en 1991, du Parti communiste italien conduisit aussi les camarades à se diviser : je restai communiste, si l'on peut dire, alors que la plupart des gens adhérèrent au nouveau parti de type social-démocrate - qui allait ensuite englober l'ancienne Démocratie chrétienne, ennemie acharnée... -. Moi et d'autres personnes, généralement plus jeunes et donc radicales et idéalistes, nous sommes entrés dans le Parti de la Refondation Communiste.
Nous n'avons pas réussi à créer un nouveau langage, je dois admettre avec le recul, un pont qui nous unisse à une société nouvelle, à des personnes désenchantées et désabusées, ni un barrage à un capitalisme toujours plus vorace, arrogant, vulgaire, totalisant. Mais ce fut une belle aventure, de relocalisation, de résistance, de tentatives de compréhension du réel, qui était inexorablement en train de changer, de tentatives de créer un lien avec ceux qui, de ces valeurs et de ce symbole, avaient pris leurs distances.
Nous avons également réussi à organiser une candidature par le bas à la municipalité de Avellino. C'était en 2004. J'étais diplômée, j'avais suivi un Master en Coopération Internationale au Développement, j'avais signé en 2003 mon premier contrat de travail, en tant qu'experte en politique du travail à Pescara, et je travaillais dans ma terre d'origine, en Haute Irpinia (le territoire montagneux de ma province). Notre liste électorale était composée de jeunes femmes et d'hommes de trente-deux ou trente-trois ans au plus, et le candidat maire en avait vingt-cinq, me semble-t-il. Nous nous opposions au clientélisme, si répandu de mes parties et qui avait le symbole croisé de la Démocratie Chrétienne, ce parti ayant fourni fleur de politiciens qui étaient parvenus aux plus hautes charges de l'État. Ils contrôlaient, comme encore en partie aujourd'hui, les flux électoraux (et donc économiques). Il n'y a pas de criminalité organisée dans ma ville et ma province, mais un désintérêt généralisé pour ce qui est public, contrebalancé par un intérêt marqué pour ses affaires personnelles. Si l'on ajoute à cela le taux de chômage élevé, le tableau peut s'avérer presque complet.
Aucun d'entre nous n'a été élu, mais l'aventure a été haute, intense, pure, enrichissante.
Je me suis toujours occupée de culture, disais-je... pas seulement pendant ma carrière scolaire. J'ai également participé à des actions de démonstration pour l'obtention d'espaces culturels et co-fondé, en 2003, une association culturelle cinématographique, le Zia Lidia Social Club, qui existe toujours, qui est parti de l'autofinancement de nos membres et a ensuite commencé des collaborations avec des organismes locaux et culturels, devenant un point de référence pour le mouvement cinématographique campanien et méridional, mais opérant également au niveau national et avec des collaborations internationales. Ma parenthèse à Avellino a donc été très importante, très belle, très passionnée, très créative et créatrice, bien que la mienne soit une ville de 55 000 habitants dans le sud de l'Italie déprimé.
Après avoir obtenu le diplôme en Sciences Politiques à l'Université Orientale et une maîtrise en Coopération Internationale au Développement, j'ai travaillé sur des projets de recherche-intervention sur les politiques du travail. Puis j'ai essayé, sans intérêt ni conviction, le concours à la banque et, à ma grande surprise, je l'ai réussi.
Depuis 2005, je fais donc un travail antinomique à mes aspirations, à mon essence et à ma formation. pour un concours fait au hasard et passé avec surprise. La destination qui m'a été donnée, à Sienne, siège du Monte dei Paschi di Siena, était Bologne. De là, on m'a envoyé quelques années à Ravenne, une ville aussi belle que peu accueillante, puis j'ai essayé de revenir à Bologne, que j'avais immédiatement aimé, pour sono ouverture, Mais dans ce travail, la passion est revenue, grâce à la représentation syndicale et grâce aux autres activités dont je m'occupe à la CGIL.
Le travail en banque est déprimant pour moi, pour mes études e
pour ma sensibilité. Au
début il me semblait que j'étais sur une chaîne de montage, entre des personnes
qui utilisaient un langage de code qui m'était totalement inconnu, et avec des
rythmes peu adaptés à la contemplation et au raisonnement. Mon travail reste
toujours aliénant, en plus d'être lourd et il est un motif de réflexion continue.
L'aspect positif est la ville où je suis arrivée et rentrée après deux ans
et demi : Bologne, une ville ouverte, vivante, créative, politiquement active
et consciente, accueillante, où il y a une grande sensibilité artistique et politique et une richesse culturelle et vivacité intellectuelle. Dans
cette ville, j'ai eu l'occasion d'apprendre, de connaître, de grandir,
d'expérimenter, de créer. Je serai toujours reconnaissante à cette ville.
Ici, j'ai continué à étudier et apprendre : je suis devenue Consultante Philosophique et j'ai obtenu la Carte de Journaliste Publiciste. J'ai une collaboration avec un magazine culturel - je m'occupe de cinéma, théâtre, musique - et j'écris de politique, actualité et événements socio-politiques ou historiques pour la Cgil. Toujours à Bologne, j'ai publié mon livre de poèmes, « Gocce di Notte » (Gouttes de nuit). Il s'agit de haikus, des poèmes courts d'origine japonaise.
Dans les derniers deux ans j'ai repris la poésie : j'ai collaboré avec un poème associé à deux photos à une exposition dans une Galerie d'Art et j'ai participé à un contest de vidéo-poésie avec un ami réalisateur. En plus, j'ai participé à la lecture des textes de Pier Paolo Pasolini pour un album musical qui lui est dédié. Un deuxième syllogisme est en cours d'élaboration, alors que j'écris le portfolio ; je travaille avec acharnement sur celui-là aussi.
Et donc, même si je n'aime pas mon travail, j'ai toujours cherché à faire beaucoup de choses différentes : ma curiosité et ma vitalité m'ont permis d'apprendre et expérimenter. Mon esprit de justice, après avoir m'emmenée à la politique, quand j'étais très jeune, m'a emmené, à Bologne, au syndicat.
Quelques temps après le début de mon travail en banque, j'ai recommencé à m'occuper de politique: cette fois pas dans un parti, mais dans le syndicat. Et donc, comme je vais vous expliquer dans la partie sur mon syndicat, ce qui m'a amené à la Formation a été avant tout l'inspiration de mes parents, que je voyais étudier, préparer, lire, corriger, se confronter entre eux et avec des ami(e) professeurs, et, après, avoir fait des études humanistes (littéraires, philosphiques, linguistiques) et des expériences européennes d'échange culturel, d'étude, de travail internationalde jeunesse. Cela a été un peu comme un destin qui se réalisait. En Fisac on a (vou)lu mon cv, on me connaissait dans l'organisation, on connaissait mes passions aussi, et on m'a donc proposé de m'occuper de Formation - comme j'irai mieux expliquer dans la partie sur mon syndicat. Donc, le destin a devenu réalité. Il y a 8 ans, donc, que je fais ce travail. J'ai eu la chance de rencontrer ETUI sur mon chemin... et de nouveau je suis en train de suivre (et conduire) un parcours éuropéen! Cela me rend très, très heureuse.